Crónicas de Gabacho

Une fête nationale qui ne fait pas consensus

    Il y a 520 ans, le 12 octobre 1492 Christophe Colomb découvrait l’Amérique, c’est ce jour qui a été retenu par les autorités espagnoles pour célébrer la fête nationale. Pourtant ici ce n’est pas vraiment la grosse teuf et à part quelques cérémonies officielles et évènements dispatchés dans la ville il est difficile de connaitre la signification de ce jour.

Il faut dire que cette date n’a pas une histoire particulièrement facile à porter. Initialement appelée Jour de la Race dans les pays latino-américains, elle fut choisie par le régime de Franco  en 1958 comme jour officiel de fête nationale à la gloire de l’hispanité. Aujourd’hui il s’agit davantage d’une occasion d’exacerber les divisions au sein de la population espagnole que de faire la fête.

Pour Lya, madrilène de 25 ans, ce jour reste où elle revendique son attachement à son pays et à sa culture en arborant fièrement ses couleurs. « Pour moi il s’agit de célébrer l’anniversaire du jour où Christophe Colomb est arrivé en Amérique et a porté notre langue », et même s’il existe toujours des débats sur l’origine de l’explorateur , « pour nous il est espagnol ».

Affiche que l’on pouvait observée dans le métro pour la journée du 12 octobre, signée par le ministère de la défense svp..

Le plus marquant peut-être c’était la manière dont le gouvernement, via le ministère de la défense, bombardait de spots à la TV et d’affiches notamment dans le métro. Comme pour étouffer en avance tous les éventuels propos dissonants. Les clashs entre des groupes ultra-nationalistes et des indépendantistes (ou antifas) ont été nombreux  mais les médias « ont préférés nous montrés en boucle l’image des indépendantistes catalans qui insultent  d’autres espagnols » déplore Antonio.

Ce militant de 21 ans résidant à Séville déplore le climat malsain qui est entretenu à travers l’Espagne via ce jour, « ils exploitent le sentiment de beaucoup d’espagnols pour introduire des messages patriotiques voir extrémistes »  surtout après la forte poussée de l’indépendantisme en Catalogne.

Pour lui ce jour de l’hispanité dévoile au grand jour les failles du système éducatif, « depuis tout petit on nous enseigne les grandes œuvres des découvertes en Amérique alors que la première conséquence de cela a été le massacre de millions d’Indiens et la tentative d’anéantissement de leur culture » et selon lui en vue du caractère patriotique de l’enseignement « si tu veux une version critique de cette partie de l’histoire, tu dois t’informer par tes propres moyens ».

« – Nous apportons la culture, l’éducation et le progrès !
– Et à quoi sert donc l’épée monsieur ? »

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Cette entrée a été publiée le octobre 12, 2012 par dans España, Uncategorized, et est taguée , , , , , , , , , , , , , , .

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